L'association est donc intervenue
très rapidement
auprès du
maire
et du
président
de la communauté de communes de Chautagne (lettres
du 21 novembre 2002 et du 19 novembre 2002) pour leur demander des
explications
et en leur signifiant très nettement qu'on ne pouvait pas
admettre
que les habitants de Chanaz soient taxés deux fois.
Par
lettre
du 26 novembre 2002, le président de la
communauté de communes de Chautagne nous a confirmé que
la commune de Chanaz aurait dû effectivement baisser ce taux. Il
apporte quelques précisions supplémentaires dans sa
lettre du 9 décembre 2002.
Nous attendons la réponse du maire de Chanaz. Nous la publierons
dès sa réception.
Dans le même temps,
Vivre
à
Chanaz a publié un
numéro spécial
de son bulletin pour informer la population de cette anomalie.
Devant
l'absence de réaction de
la municipalité et après un nouveau travail
d'investigations, l'association a publié à la fin du mois
de décembre 2002 un nouveau numéro spécial qui
reprenait l'argumentation développée ci-dessus et qui
s'interrogeait sur les zones d'ombre
importantes que comportait ce dossier.
La réaction du
maire de Chanaz qui,
au lieu de répondre sur le fond de l'affaire, s'est livré
à une violente mise en cause de l'association, a
nécessité
la publication d'une
lettre du
président de
Vivre à Chanaz.
L'association s'est de
nouveau exprimée
sur ce sujet dans le
numéro
spécial du mois de février.
Laissant de côté les attaques outrancières du maire
de Chanaz, nous avons analysé sur le fond l'article
publié dans le bulletin municipal afin de montrer, d'une part
qu'aucune réponse n'avait été apportée
à nos questions, d'autre part que sur plusieurs points le maire
de Chanaz avait pris des libertés inacceptables avec la
réalité des faits.
On peut juger cette affaire particulièrement grave
puisqu'elle semble indiquer une volonté
délibérée de tromper la population sur le niveau
des impôts réellement payés par les contribuables
de la commune.
Le maire de Chanaz, chantre auto
proclamé de la démocratie
participative, a lancé au mois de Novembre 2004 une modification
du P.O.S. dans la plus grande discrétion : l'information en
direction des habitants a été réduite au minimum,
en particulier aucune mention de l'enquête d'utilité
publique n'a été faite dans le dernier bulletin municipal
paru en septembre.
On peut s'étonner qu'un élu ne se donne pas les moyens
de recueillir l'avis de la population le plus large possible dans ce
genre de procédure. La lecture du document de modifications du
P.O.S. soumis à l'enquête publique donne un début
de réponse : les modifications apportées au P.O.S. ont
essentiellement pour but de permettre la réalisation de la base
lacustre et l'on peut dire
que le maire de Chanaz ne lésine pas sur les moyens pour
atteindre son objectif.
Pour avoir les mains libres dans la réalisation de son projet,
et éventuellement passer outre l'opposition des
propriétaires des terrains concernés, le maire de Chanaz
modifie la réglementation du P.O.S. en vigueur en faisant tout
simplement classer sa base lacustre dans les "installations
d'intérêt général". Il en profite pour
classer dans la même catégorie toutes les
"installations
ou constructions nécessaires à la pratique des
activités nautiques ou de loisirs liées à la
présence du canal de Savières". Ce qui permettra,
par exemple, au maire de Chanaz (actuel ou un de ses successeurs)
d'exproprier tous les propriétaires de terrains situés le
long du canal de Savières, qui pourraient s'opposer à une
quelconque réalisation.
Face à ces modifications qui allaient très nettement
à l'encontre de l'intérêt collectif des habitants
de Chanaz,
l'association a réagi en intégrant au registre de
l'enquête
publique un
document argumenté
remettant en cause cette notion dévoyée de
l'intérêt
général et dénonçant cette procédure
abusive de modifications du P.O.S.
Ce document pourra paraître quelque peu "technique" mais il
reflète la volonté délibérée de
l'association de placer son argumentation sur le plan juridique :
indépendamment de toute opposition "politique" au projet, cette
modification du P.O.S. n'est juridiquement pas acceptable. C'est la
raison pour laquelle
Vivre à Chanaz est
décidée à s'opposer par tous les moyens
administratifs ou judiciaires à l'aboutissement de ces
modifications.
Au 15 novembre 2004, une cinquantaine de personnes (membres ou
non de
l'association) avaient signé ce document.
Pour les développements ultérieurs de cette action, on
peut
se reporter au
bulletin n° 13
(avril
2005) de l'association.
La commune de Chanaz envisage depuis
de très nombreuses années de construire un
deuxième port. Mais les contraintes de plus en plus fortes
auxquelles sont soumises ce type d'installations ont obligé la
municipalité a réorienté son projet. Et,
principalement pour accéder à un éventail plus
large de subventions, la commune a décidé de placer ce
deuxième port sous le signe du développement durable. Ce
positionnement n'est évidemment que de façade : il a
consisté principalement à changer la dénomination
de port en base lacustre (ou lagon !!...) et à accepter bon
gré mal gré que ce port ne soit accessible qu'aux bateaux
à énergie propre. Mais, comme le proclame
Vivre à Chanaz depuis de
nombreuses années, derrière cette façade sont
dissimulées des atteintes graves à l'environnement,
à la sécurité et à la qualité de vie
des habitants. Sans oublier que la réalisation de ce port est en
contradiction totale avec les objectifs du
Projet
Grand Lac qui l'a
pourtant largement subventionnée.
Vivre à Chanaz n'est pas
opposé par principe à la réalisation d'un
deuxième port à Chanaz mais nous demandons pour le moins
que soit étudié un nouvel emplacement.
Notre association avait déjà
attiré l'attention du
Préfet de Savoie sur les risques liés à cette
installation dans un courrier d'avril 2002.
Nous avons développé certains de ces arguments dans le
document
déposé au registre de l'
enquête
publique sur les
modifications du P.O.S. en novembre 2004.
Nous avons profité de l'enquête publique sur le projet de
base lacustre en décembre 2006 pour
compléter et
détailler notre analyse.
A la suite de l'enquête publique, le commissaire enquêteur
a rendu
son rapport le 9
janvier 2007. Si l'avis émis est favorable, il est
néanmoins assorti de
trois réserves.
Il est important de savoir que des réserves correspondent en
fait à un avis négatif tant que la commune ne s'est pas
engagé à "lever ces réserves". C'est ce
qu'à confirmé le préfet à notre association
dans
son courrier du 13
mars 2007.
Le compte-rendu de la séance du conseil municipal de Chanaz du 9
mars 2007 fait apparaître les réponses apportées
par la municipalité aux questions du préfet. Elles
montrent assez clairement qu'
au moins deux des trois
réserves du
commissaire enquêteur n'ont pas été levées.
C'est ce que
Vivre à Chanaz
a fait valoir auprès du préfet
dans sa lettre du 28 mars
2007.
Le 5 avril 2007, le préfet prend un
arrêté
favorable au projet et à la mise en œuvre de l'expropriation
des
propriétaires concernés.
Notre
opposition au projet restant
entière au regard des risques qu'il fait
courir à la population du village, nous avons
décidé, après plusieurs rencontres avec les
associations ACCLAME et La FRAPNA, de porter l'affaire devant
les tribunaux pour faire valoir ces arguments qui nous paraissent
solides.
Le 15 mai 2007, le maire de Chanaz prend un arrêté
délivrant à la commune un permis de construire pour la
base lacustre.
Le 18 mai 2007,
Vivre à Chanaz
dépose un
recours
gracieux auprès du préfet pour lui demander d'annuler
son arrêté du 5 avril.
Le 29 mai 2007, le préfet
rejette
notre recours.
La dernière
étape de la procédure judiciaire est maintenant le
recours devant le Ttribunal Administratif (que nous devrons formuler
avant le 29 juillet 2007). Nous sommes confortés dans notre
intention d'aller jusqu'au bout de notre démarche par le
jugement du Tribunal Administratif de Grenoble qui vient d'annuler la
Déclaration d'Utilité Publique du port de Portout.
Le 25 juin 2007, nous avons envoyé un
courrier
à la
mairie de Chanaz (avec copie au préfet) afin de tirer au clair
l'imbroglio qui entoure le rapport de l'hydrogéologue du 15
octobre 2003. Ce rapport est très important puisque la version
qui figurait à l'enquête publique demandait l'installation
d'une écluse au débouché du bassin, ce que
contestent le maire et le préfet. Les réponses obtenues
ajoutent encore à la confusion puisque le maire de Chanaz
confirme
qu'il n'existe qu'un seul rapport de novembre 2003 alors
que
le préfet
parle
de deux rapports (novembre 2003 et
décembre 2003).
En tout état de cause ce sera à la justice de trancher la
question puisque
nous avons
déposé le 26 juillet un recours devant le Tribunal
Administratif de Grenoble.
Le 19 octobre 2007,
Vivre à
Chanaz dépose une requête auprès du
Tribunal Administratif de Grenoble pour demander l'annulation du permis
de construire du 15 mai 2007.
Le 24 janvier 2008,
Vivre à
Chanaz dépose un référé devant le
Tribunal Administratif de Grenoble demandant la suspension du permis de
construire du 15 mai 2007 (afin que la commune ne puisse faire
commencer les travaux dans l'attente du jugement demandant l'annulation
du permis).
Le 12 février 2008, le maire prend un arrêté
délivrant un permis modificatif au permis
précédent.
Le 15 février 2008 le Tribunal Administratif de Grenoble saisi
en référé, a rendu son ordonnance :
il décide la suspension du permis de
construire de la base lacustre déposé par le maire de
Chanaz, jusqu'au rendu de la décision sur l'annulation.
Bien entendu, notre association et celles qui ont travaillé avec
nous sur ce dossier, se réjouissent de cette décision qui
justifie le bien-fondé de notre démarche. Nous attendons
désormais avec sérénité la suite de la
procédure.
Le maire de Chanaz décide de faire appel de ce jugement
devant le Conseil d'État.
Le 7 avril 2008,
Vivre à Chanaz
dépose un recours gracieux auprès de la commune lui
demandant d'annuler le permis de construire modificatif.
Le 27 mai 2008, le maire rejette notre recours gracieux.
Le 23 juillet 2008,
Vivre à
Chanaz dépose un recours devant le Tribunal
Administratif de Grenoble demandant l'annulation du permis de
construire modificatif.
Le 5 septembre 2008,
le Conseil
d'État a confirmé le jugement du Tribunal Administratif
du 15 février en
rejetant l'appel de la mairie de Chanaz.
En l'état actuel du dossier,
les
travaux de la base lacustre ne peuvent pas commencer et il faut
désormais attendre le jugement de l'affaire sur le fond. Ce
jugement aura lieu sans doute dans quelques mois et nous avons de
bonnes raisons de penser qu'il donnera définitivement raison
à ceux qui, depuis de longues années, ont pointé
les risques que cette construction faisait courir à notre
environnement.
Le 18 décembre 2008, le Tribunal Administratif de
Grenoble rejette notre requête demandant l'annulation du permis
de construire modificatif du 12 février 2008.
Le 29 janvier 2009, le Tribunal Administratif de Grenoble
rejette
notre requête demandant l'annulation du permis de
construire modificatif du 19 octobre 2007 .
Le 2 mars 2009,
Vivre à
Chanaz fait appel du jugement du 18 décembre 2008.
Le 2 avril 2009,
Vivre à
Chanaz fait appel du jugement du 29 janvier 2009.
Le 12 avril 2011, la Cour d'Appel rejette nos deux demandes
d'annulation des permis de construire.
Le 28 juin 2011, le Tribunal Administratif de Grenoble rejette
notre requête sur le fond demandant l'annulation de la
Déclaration d'Utilité Publique prise par le préfet
le 5 avril 2007.
Après consultation de tous ses adhérents,
Vivre à Chanaz décide
de ne pas faire appel de ce jugement, ce qui clôt
définitivement la procédure judiciaire.
Conclusion :
Nous respectons, bien évidemment, la décision du tribunal
même si tous ses arguments ne nous ont pas convaincus. Nous
allons restés vigilants sur le devenir et la gestion de la base
lacustre, en vérifiant en particulier que tous les engagements
pris seront respectés. Au
terme de ce procès, nous continuons à penser que les
institutions politiques et
administratives de la République ont largement perdu de vue
qu'elles sont au service des citoyens et que c'est leurs
intérêts qu'elles devraient défendre en
priorité. De plus en
plus, le mépris de la base devient une forme de
gouvernance. Pour une
association citoyenne comme la
nôtre, le constat est évidemment cruel.
Malgré l'énorme travail
de documentation et de recherche que nous avons dû fournir,
malgré l'effort financier qui a été
nécessaire, nous ne regrettons pas un seul instant l'action que
nous avons entreprise. Et nous pouvons au terme de la procédure
adresser un chaleureux remerciement à tous les adhérents
qui ont soutenu jusqu'au bout leur association.